Les Blues de La Dame Rousse à La Guitare Rose.


En ce soir de canicule, le public québécois a quand même eu droit à une belle virée texane en compagnie de celle qui a quitté Ottawa pour s’exiler à Austin et côtoyer les maîtres du genre. Antone’s c’était à la fois le club et la compagnie de disques à découvrir

.


Le spectacle s’ouvre sur Pinky’s Blues, en référence à la magnifique Fender Telecaster rose aux motifs Paisley. D’entrée de jeu, Sue Foley fait preuve d’une maîtrise parfaite de l’instrument, alliant la technique et le feeling… Pas de flafla, un trio rodé, une sono impeccable. Et vlan ! On enchaîne avec Hurricane Girl, un shuffle au rythme béton, parfaite illustration de ce qui se jouait chez Antone’s il y a 20 ans. Puis Southern Men rend hommage aux hommes du Sud, leur virilité et leur dynamisme.

The House Is Rockin une référence directe aux frères Stevie Ray et Jimmy Vaughan a soulevé la foule qui s’est laissée convaincre de chanter le refrain. Autre retour aux classiques, le Okie Dokie Stomp : Sue Foley marche avec brio dans les pas de Clarence Gatemouth Brown et de son big band.


*

Changement radical : Sue Foley prend seule la scène avec une guitare acoustique pour un volet consacré aux femmes qui ont marqué l’histoire du blues. Quelques noms : Memphis Minnie, Sister Rosetta Tharpe, Elizabeth Cotton. On reste dans le registr acoustique pour un véritable moment de grâce. Mediterranean Breakfast, écrit par Sue Foley, illustre sa passion pour la guitare flamenco, assaisonnée d’accents blues ! On passe de la guitare classique à la belle Pinky, ce qui donne lieu à un long et superbe solo. Puis une présentation originale pour Barefoot Rock : Sue nous confie qu’elle a un moyen bien à elle pour décompresser lorsqu’elle rentre fatiguée à la maison :elle se déchausse et danse seule sans complexe !


La formule trio est parfaite pour mettre en valeur les performances des musiciens. Le bassiste Jon Penner accompagne Sue Foley depuis les tout débuts. Il fait preuve d’une finesse d’interprétation remarquable et reste en étroite communication avec ses collègues. À la batterie Arjura ‘RJ’ Contreras, de Nashville m’a épaté par la ‘musicalité’ de son jeu.

.

En rappel, place à sa chanson-fétiche, Ice Queen en référence à Albert Collins surnommé The Ice Man à cause des sonorités glaciales que lui seul pouvait tirer de sa Fender Telecaster… Magistral !

.


Et dire que j’appréhendais un spectacle à saveur didactique et acoustique, dans l’esprit de son livre paru récemment ‘Guitar Women : Conversations and Guitar Lessons with Six-String Heroines’.


J’avoue au contraire être sorti le soir du 3 juillet dernier du Grand Théâtre de Québec sous l’effet magique du blues tel que joué et chanté par la grande Sue Foley.

,

Michel Dubois

pommenoire@yahoo.ca

Jean-François Desputeaux crédit photo

.

.

La galerie photo est ici—> Sue Foley 3 juillet 2026 au Grand Théâtre de Québec

.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *