Montcalm en Blues 2025 : un festival qui prend racine.
Pour sa deuxième édition, Montcalm en Blues a franchi un cap. On savait déjà que ce jeune festival avait trouvé une formule gagnante l’an dernier, avec une programmation équilibrée entre valeurs sûres et découvertes. Cette année, toujours fidèle à cette mission, et sans contredit les prestations des têtes d’affiche comme SRV Tribute Band et Hommage aux 3 King (BB, Freddie et Albert) avec Mike DeWay ont donné une ampleur nouvelle à l’évènement.
Pas de fla-fla, pas de grand déploiement technique. Ici, l’essentiel se trouve dans l’émotion, la proximité et l’énergie brute livrée sur scène. L’organisation, avec peu de moyens, a réussi de véritables miracles. Résultat : les amateurs de blues ont répondu présents par centaines. Même dame Nature s’est jointe à la fête, offrant une météo clémente et ensoleillée. La rue Cartier s’est animée au rythme des grooves du blues, rassemblant une foule record qui a chanté, dansé et célébré jusqu’au bout du week-end.
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SRV Tribute Blues Band – le feu sacré de Stevie Ray Vaughan
Impossible de ne pas commencer par eux. C’était une célébration de revisiter un répertoire mythique du bluesman Texan le plus apprécié de cette époque pour ses solos de guitare légendaires. L’hommage à Stevie Ray Vaughan, était évidemment attendu comme l’un des moments forts, et pour les avoir vu en prestation auparavant, ils ont assurément dépassé les espérances ce soir-là. Le défi d’un groupe hommage est immense: comment capturer le talent et la passion de l’artiste sans tomber dans l’imitation stérile…
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Le groupe SRV Tribute Blues Band a travaillé fort pour rendre une expérience aussi juste que si Stevie réapparaissait devant nous avec les instruments ainsi que les costumes de l’époque et ils ne déçoivent jamais. Avec les solos de guitare exceptionnels et un solo de drums impressionnant, la prestation du band a fait décrocher la mâchoire de tout le monde ce soir-là. Même qu’à plusieurs reprises les membres du groupe, avec chacun leur instrument se sont tellement poussés musicalement qu’ils se sont impressionnés entre eux. C’était magique d’être témoin de ces talents et de cette complicité! À la toute fin du spectacle, SRV Tribute Blues Band nous a donné rendez-vous en février 2026 dans la vieille capitale pour un spectacle unique qu’il ne faudra absolument pas manquer et j’ai déjà hâte!
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Mike Goudreau Band – l’élégance et la maitrise

S’il y a bien un musicien qui incarne la constance et la classe d’être passé maitre dans l’art de surprendre par ses arrangements, c’est Mike Goudreau. Sa performance nous a rappelé pourquoi il est une référence dans le paysage blues d’ici est impressionnant de voir à quel point il a une prestance solide avec une guitare fluide, des arrangements bien précis.
Il a une capacité à garder son public dans le creux de la main en alternant des pièces classiques et originales. On l’a vu passer d’un swing enjoué à des moments plus introspectifs, toujours avec une aisance désarmante. Goudreau nous a séduit par la précision et l’équilibre avec laquelle il démontre son talent de guitariste. On sort de son set avec l’impression d’avoir assisté à une leçon de blues moderne qui donne l’impression que tout est simple, alors que l’émotion se cache dans les détails.
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Izzo Blues Coalition – la tempête rock-blues

Avec la prestation de IBC, nous avons eu l’impression qu’ils jouaient devant un stade qu’était devenue la rue Cartier. Wow! Quelle performance qui arrache tout sur son passage. Par moment on avait l’impression que la voix de la chanteuse Annie Major-Matte était pour casser tellement qu’elle poussait chaque note.
Du blues plus lourd qui s’approche définitivement du rock énergique qui fait vibrer les tripes. Ceux qui cherchaient le frisson l’ont trouvé ici; Izzo Blues Coalition a livré une performance coup de poing, à la limite du rock intense, mais toujours ancrée dans le blues. C’était brut, sans filtre, et ça a fait du bien. Dans la foule, on voyait les têtes hocher en cadence, certains spectateurs lâcher des “yes!” spontanés. C’était le moment le plus viscéral du festival. Comme on dirait… du bon blues sale !
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Plamondon & Sugar Boy – l’intimité au cœur de la rue

Ils ont offert un moment suspendu dans le temps au son des guitares complices et leurs voix. Plamondon & Sugar Boy ont su créer une bulle d’intimité rare même dans un festival en plein air. Leur force est dans la justesse de chaque note et chaque mot étaient aussi touchant. C’était un moment bienvenu qui nous a permis de vivre un bon moment de blues plus feutré enrobé par l’émotion.
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Peter Shonk & The Blues Avalanche – un blues qui respire l’authenticité
Peter Shonk a ramené tout le monde aux racines du blues. Avec son harmonica et on a pu vivre un moment de complicité inégalé qui évoque la poussière des chemins du Sud comme si nous étions témoin d’une performance intime sur porche du Mississippi.
Il s’exprime en français qui rappelle la Nouvelle Orléans avec en boni, sa voix chaude qui donne juste envie de s’assoir pour écouter. Son concert a été une respiration, un moment où le public est devenu plus attentif, plus près. C’est cette sincérité-là qui fait que le blues traverse le temps.
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Joce Goulet & The Last Minute Larry – la tradition vivante

Avec Joce Goulet accompagné de Peter Shonk, on revient au blues pur et simple, celui qui ne cherche pas l’artifice et qui laisse les chansons parler d’elles-mêmes. Leur prestation a rappelé que nous sommes en présence de l’essence du blues sans avoir besoin d’effets, seulement des musiciens solides qui jouent avec simplicité, générosité et sincérité.
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Mike Deway & Friends – la fête des Trois Kings

En clôture, Mike Deway a partagé la scène avec MO Blues, Valérie Clio et André Larue. Cette belle gang a bien clôturé cette deuxième édition du festival en nous offrant un hommage aux “Three Kings” (BB, Freddie et Albert) dans une ambiance plutôt festive.
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Fidèle aux prestations de Mike Deway, il nous a fait vivre un véritable buffet musical tout en humour où chaque invité a ajouté sa saveur. La performance des musiciens et de la superbe voix de Valérie nous a encore une fois jeté par terre en pensant au talent que nous avons ici au Québec. Le public a eu droit à une finale qui nous a déjà laissé nostalgiques de cette deuxième édition de Montcalm Blues.
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D’autres spectacles ont été appréciés en début d’après-midi, tels que Little Leslie, notre Boogie Man préféré, qui a donné une prestation des plus époustouflantes sous les regards amusés et réjouis des premiers spectateurs déjà en grand nombre sur la rue Cartier. Les Backdoor Blues Band étaient au Pub Galway, Hugo Benoit et Frederick Chambers vous attendaient en fin de soirée au Baxton Cartier, ainsi que Martin Plante et Mario Texeira.
Chapeau aux organisateurs et à l’an prochain tout le monde !
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Annie Cabana Gradilla

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Jean-François Desputeaux crédit photos


Merci pour cet article, pour la gentillesse dans tes mots qui semblent vraiment venir du cœur…