Mission accomplie pour la 19ᵉ édition du Festival international de Blues de Donnacona.
La programmation de la 19ᵉ édition du Festival international de Blues de Donnacona a été tout simplement époustouflante. Des artistes venus de France, des États‑Unis, d’Angleterre ainsi que de notre région se sont succédés, tour à tour, dans les restos/bars, ainsi que sur les petites et grandes scènes. Notre collègue Michel Dubois vous résume avec enthousiasme les faits les plus marquants de ce week-end sensationnel !
BLUES STATION (QC)
On attendait avec impatience cette participation de Josée Ferland avec un groupe modifié à la dernière minute. Josée se présente sur scène avec Ré jean Dubé au piano, les autres se joignent en douce au duo. Jean-Pierre Bisson à la basse, Luc Tremblay à la batterie et Mike Deway à la guitare. Josée passe vite sur les raisons de ce changement d’alignement et le contact avec le public s’établit de façon toute naturelle.

Les anecdotes, la gentillesse, l ‘authenticité et l’élégance de l’artiste en sont la cause. Le répertoire pige dans le catalogue de Muddy Waters, Buddy Guy/JuniorWells, Marjo, Danielle Nicole. Le moment fort fut pour moi la présentation de « FREEDOM » , écrite en référence à la liberté qu’apporte enfin la retraite du 9 à 5. Du temps pour vivre, voyager, écrire et chanter. Une prestation parfaite pour une première soirée sur la grande scène et le titre fort approprié « LET THE GOOD TIMES ROLL! »
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BIG TIME LEW (QC)
La table était mise et le deuxième spectacle de la soirée n’était pas encore officiellement commencé que des courants d’énergie circulaient dans la foule simplement en entendant « ROCK ME BABY » en test de son! Et notre homme se présente avec sa composition « LET ME INTRODUCE MYSELF » Le feu est aux poudres et ne va pas s’arrêter de sitôt.

Ses autres compositions supportent bien la comparaison avec celles des maîtres du boogie-woogie, swing et good-time rock’n roll, pour nommer par exemple Kenny Blues Boss Wayne, Big Joe Turner et Jerry Lee Lewis. Ce dernier est présenté comme une influence majeure, particulièrement « BIG- LEGGED MAMA » tirée de le trame sonore du film « GREAT BALLS OF FIRE ». Dans le temps de le dire le party est ‘pogné’, tout le monde danse, le band est déchaîné, le contrebasse en l’air ! On en prendrait encore et encore! Un show inoubliable! Les photos de mes collègues en disent long à ce sujet !
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SHAWN HOLT (US)
Pas facile, la vie de musicien en tournée… La veille dans le Nebraska , 23 heures de route plus tard : Donnacona!

Le fils de Magic Slim, celui qui avait donné son dernier concert canadien à Donnacona en 2012, poursuit dans la tradition, ayant lui-même fait partie des Teardrops, comme guitariste. Armé de sa Telecaster, les amplis dans le tapis, il nous en met plein les oreilles !
On nous a promis du Chicago Blues, et en effet, je reconnais après quelques efforts « WANG DANG DOODLE » de Willie Dixon. Mais d’une pièce à l’autre, je perçois beaucoup de bruit et peu de blues. Mais il ne faut pas juger trop vite, car une version très intense de « HEY JOE » me fait rapidement changer d’idée. Shawn Holt est capable de construire un excellent solo, avec une superbe progression d’intensité. Puis on repart sur les chapeaux de roues avec le classique « ROCKET 88 » , suivi d’une version pimpée se « ROCK ME BABY » avec un remarquable dialogue à deux guitares. La danse continue avec « WALKING THE DOG » de Rufus Thomas et ça se termine pour moi avec « MUSTANG SALLY », que je trouvais un peu incongrue, mais cela s’expliquerait par le fait que Magic Slim dont c’est l’anniversaire le 7 août, aimait la jouer en spectacle.
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PAUL WOODLEY (UK)
Comme d’habitude, le premier spectacle de la journée n’attire pas les foules et c’est un défi à relever pour l’artiste qui fait face à un public toujours très éparpillé au départ.
Paul Woodley, musicien britannique familier avec les scènes de festivals comme avec les espaces de rues, se présente avec assurance et bonhomie. Son répertoire couvre majoritairement le Delta Blues des années 30-40, mais aussi des adaptations fort bien réussies de succès contemporains comme « Look a Lil’ Sister » de Stevie Ray Vaughan.

J’ai vu à l’œuvre un bluesman encore tout jeune qui sait conquérir une foule une toune à la fois, avec pour tout équipement sa guitare et sa voix. Cette voix qui n’est pas sans rappeler celle de Dave Van Ronk, chef de file de l’école des cafés blues de Greenwich Village des années 60, Il est clairement dans la lignée de Son House, Blind Willie Johnson etc.
Le spectacle se termine avec une composition originale, « Let’s Get High »
Et voilà un artiste qui se promet de revenir au Québec car la communication a été parfaitement réussie avec le public d’ici.
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ANGELIQUE FRANCIS (Ottawa)

On bascule dans un univers contrastant avec le précédent. Place à la couleur, aux cuivres, à exubérance, au showbizz d’une revue musicale à l’américaine! Les costumes, les chorégraphies nous transportent à la cour d’un Prince, là où tout est permis. Funk, gospel, français, anglais, Big Mama Thornton ( Hound Dog) , Wilson Pickett, et j’en passe !
On a affaire ici à une famille sous la gouverne d’un papa à la batterie, alors que les cuivres, la basse et la voix sont assurés par les filles. La guitare et le claviers reviennent à des garçons. Le spectacle est éblouissant, le choix des pièces est parfaitement établi pour obtenir une efficacité sans failles. Je retiens un instant mémorable, une chanson à découvrir : »SUGARCANE JUKEJOINT »
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SUGARAY RAYFORD (US)

Précédé d’une réputation de spectaculaire showman, Sugaray Rayford nous arrive après une épuisante tournée qui l’a mené de la Roumanie aux États Unis (coast to coast). Qu’à cela ne tienne, il dégage une énergie incroyable, un humour efficace et une attitude flamboyante, à l’image de son physique imposant! Rien ne l’arrête, malgré une chaleur qui en aurait épuisé plus d’un un, il danse comme un déchaîné, invite les dames aux formes bien arrondies ( 36-24-48) à s’affirmer, « BIG LEGS and SHORT SKIRTS » ,se permet un bain de foule prolongé et, j ‘aurais pensé qu’il avait atteint ses limites, mais non! Contre toute attente, il entame « COMFORTABLY NUMB » de Pink Floyd, avec un solo époustouflant, cosmique et délirant!
Pour moi, ce fut le point fort de toute la soirée. Pas du blues? Comment ne pas lui pardonner? En véritable bête de scène ( pardonnez le cliché) Il peut tout se permettre. Et pour clore le tout, il invite Angelique Francis et son harmonica dans un rappel à tout casser.
Sugaray Rayford:inoubliable !
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ERIC FREREJACQUES (FR)
Seul en scène, Eric Frerejacques le musicien-conteur nous invite à faire un voyage musical au son de « AMAZING GRACE » à l’harmonica. Départ la Nouvelle Orléans, ville de débauche, de métissage et de créativité artistique. Le premier personnage rencontré sur un trottoir est Joe La Poisse qui deviendra Joe La Classe . Nous serons témoins d’une marche funèbre accompagnés d’un Marching Band, puis ferons la connaissance de Joshua l’entêté qui refuse les secours lors de l’inondation causée par l’ouragan Katrina. Puis Brooklyn Bob et sa mystérieuse veste moirée.

Et le vieux Tad, qui nous guidera dans les eaux dangereuses des bayous. Le voyage continue à bord d’un steamboat et son casino, en remontant le Mississippi, Le périple s’arrête à l’intersection des routes 61 et 49, célèbre Crossroads où Robert Johnson aurait signé son pacte avec le Diable. Terminus : Chicago et la naissance du blues moderne. Les mots me manquent pour bien décrire le style de ce merveilleux conteur, alors voici un lien qui vous en dira un peu plus. https://youtu.be/ymGOgk6VYU8 Bon voyage!
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HARMONOCARAMA (Canada)
De tous les spectacles du festivals, celui-ci réunissait le plus grand nombre de vedettes canadiennes. Steve Marriner, Tony D., Guy Bélanger, Alec Fraser, Larry Kurtz etc. Il y avait de quoi satisfaire les plus exigeants avec cette brochette de luxe! On amorce la chose avec une version vitaminée de « HUCKLEBUCK » puis une pièce à saveur country et plus tard, Guy Bélanger en remet une couche avec un groove très fort, marqué par de nombreux changements de rythmes et Guy, toujours pince-sans-rire, nous lance une bonne blague sur Angine de Poitrine. Et j’attendais »LAST NIGHT », mon blues préféré de Guy, qui remonte à son voyage à Chicago, qui lui avait permis d’enregistrer avec plusieurs géants dont, Jimmy Johnson.

Ce dernier titre me fait inévitablement penser à la peine provoquée par la perte de Bob Walsh. « Last night I lost the best friend I ever had.. » Malgré sa voix éraillée, Guy a provoqué de fortes émotions, puis Tony D . a creusé plus loin avec un solo dévastateur et Steve Marriner nous a tous achevés avec le grand coup final! Ouf!…on retrouve ses esprits quand Marriner exhibe un harmonica chromatique et nous offre un tango « LA RENCONTRE » peu entendu depuis une vingtaine d’années. Suivra une déclaration d’amour en blues « THE RIGHT TO TRUST MY BABY ». Le solo de Tony D. la rend plus sexy et ses silences évocateurs en disent plus long que bien des notes et bien des mots. Ovation debout bien méritée!
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TOMMY CASTRO (US)

Tommy Castro avait comme mission de clore les activités de la scène principale pour 2026 et s’est avéré vraiment à la hauteur! Comme le dit sa chanson « CAN’T KEEP A GOOD MAN DOWN », il a fait preuve d’une étonnante énergie et d’un immense sens du spectacle. Pas une seconde de répit! Non seulement sa voix sonnait à merveille, mais que dire de sa guitare! Un ‘tone’ riche et puissant comme seule une Gibson Les Paul peut en donner. Et la formule quatuor permet à chaque musicien de donner sa pleine mesure et de mériter son heure de gloire. On avait vu Castro dans une forme un peu essoufflée il y a quelques années, pas cette fois! J’ai pogné quelque chose avec la chanson de John Lee Hooker « SERVE ME THE RIGHT TO SUFFER ».
Départ plutôt lent, mais quelle progression, quelle émotion! Plus blues que ça… On se retrouve dans un long jam aux nombreuses variations de rythmes, de plus en plus effrénés. Et les pièces s’enchaînent nous menant , on le devine, vers la fin du spectacle. Survient Steve Marriner dans un shuffle à la slide. Électro-choc dans le public, un beat irrésistible! On en redemande : « KEEP ON SMILING » de Wet Willie, Encore? Oui. Ça repart avec « I’M A MAN » de Muddy Waters. Faut bien arrêter, la cerise sur le sundae est finalement avalée.
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Bonsoir et à l’an prochain! OOPS…il y a encore la petite tente avec Little Leslie & Friends et dimanche le jam de Mike Deway !
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Michel Dubois

pommenoire@yahoo.ca
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N.B. Un petit mot pour la fin…..
L’excellent groupe Izzo Blues Coalition, accompagné de la talentueuse chanteuse Mélanie Charrier, a inauguré les festivités au Parc des Anglais le mercredi 5 août. Les Father’N’Son, Mo Blues et Guy Marcotte, Eliane Plamondon Duo, Paul Woodley et Eric FrèreJacques ont animé les 5 à 7. Et Le dimanche au St-Donna en clôture, y’avait le souper cotes levées, le lancement de l’album de notre collegue Mike Deway » Tamalou », ainsi que sa séance de jam habituelle.
Je tiens à lever mon chapeau pour l’equipe de SDT , Daniel Tanguay qui depuis les tout débuts assure la sonorisation avec une maitrise exemplaire! Et que dire des éclairages, manœuvrés par son fils Félix ….Wow les mouvements, les choix de couleurs, la qualité visuelle étaient remarquables. C’était magnifique, digne des plus grands amphithéâtres. Bravo à vous deux !
Ainsi que TOUS les bénévoles de l’accueil, à la sécurité, aux items promotionnels, au bar et ceux qui sont dans l’ombre. Merci de votre gentillesse, vos sourires et votre bonne humeur… Chapeau pour cette superbe édition au rythme du Blues !
Nathalie Leblond
Jean-François Desputeaux crédits photos
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